Durant la grossesse, pourquoi doit-on s'inquiéter du «
facteur Rhésus » des parents ?
Toute personne appartient à l'un ou l'autre des quatre groupes sanguins
connus : A, B, AB ou O. Son groupe sanguin est déterminé par la présence de
certaines substances – ou « facteurs » – à la surface des globules rouges. Le
facteur Rhésus est un autre facteur déterminant pour classifier les globules
rouges. Environ 85% des individus sont porteurs (Rh+) du facteur Rhésus et
15% ne le sont pas (Rh-).
Lorsque des globules rouges Rh+ sont introduits dans le sang d'un
individu Rh-, ceux-ci sont identifiés comme des corps étrangers et
l'organisme se met à produire des anticorps pour les détruire. (Par contre,
les globules rouges Rh- sont inoffensifs autant pour les individus Rh– que
Rh+, car les globes rouges Rh- ne comportent pas le facteur Rh.) C'est
pourquoi, en plus du groupe sanguin proprement dit, la détermination du
facteur Rh est également importante lors des transfusions sanguines.
Le facteur Rh est également à surveiller lors de la grossesse. Si la mère
est Rh- et le père est Rh+, ce qui représente 13% des couples, le bébé peut
être, suivant les lois de l'hérédité, Rh- ou Rh+. Dans le cas où le bébé est
Rh+, il peut se produire ce que les médecins appellent une « allo-immunisation
foeto-maternelle » ou « grossesse conflictaire ». Lors de l'accouchement,
des globules sanguines du bébé peuvent franchir le placenta et pénétrer dans
la circulation sanguine de la mère. En présence de ces globules Rh+, le
système immunitaire de la mère se alors à fabriquer des anticorps.
Lors du premier accouchement, cela ne posera pas de problème, puisque le
sang du bébé ne passe pas dans la circulation sanguine de la mère. Par
contre, lors des grossesses ultérieures, les anticorps anti-Rh présents dans
le sang de la mère peuvent traverser la barrière placentaire et détruire les
globules rouges Rh+ du bébé. Cela provoque alors une maladie hémolytique
(anémie, ictère). Dans les cas extrêmes, cela peut même entraîner le décès
du foetus in utero.
Pour éviter les complications, l'une des thérapies consiste à remplacer
le sang du nouveau-né Rh+ par du sang Rh-, insensible aux anticorps de la
mère. Par la suite, le nouveau-né pourra refaire progressivement son sang.
Des transfusions peuvent également se faire durant la grossesse. Une autre
méthode consiste à injecter durant la grossesse des « immunoglobulines
anti-Rh » à la mère. Ce sont des anticorps qui détruisent les globules
rouges Rh+ du bébé qui passent dans le sang de la mère au moment de la
naissance. Comme ils sont immédiatement détruits, le système immunitaire de
la mère ne fabrique pas ses propres anticorps et il n'y a pas alors de
réaction d'immunisation.