Pourquoi le nuage d'une explosion atomique a-t-il la forme
d'un champignon ?
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la célèbre forme du «
champignon atomique » n'est pas vraiment spécifique aux explosions
nucléaires. En fait, une déflagration massive provoquée par des explosifs
chimiques produirait exactement le même effet.
Lorsqu'une bombe nucléaire éclate, elle émet une grande quantité de
rayons X qui ionisent et chauffent l'air environnant. Il en résulte une
énorme bulle d'air incandescent. Plus légère que l'air, cette « boule de feu
» s'élève rapidement au-dessus du sol et génère un puissant courant d'air
ascendant qui aspire la matière pulvérisée par l'explosion. Cette colonne
d'air forme la « tige » du « champignon ».
Toutes les bombes atomiques produisent une « tige », mais on observe la
formation d'un « chapeau » – et donc d'un véritable « champignon » –
uniquement lors de déflagrations très puissantes (bombes H). Dans ce cas, la
boule de feu s'élève si haut qu'elle atteint la limite entre la troposphère
et la stratosphère : la tropopause située à environ 15 km au-dessus du
niveau de la mer. A cette altitude, la boule de feu s'est passablement
refroidie et elle n'a plus suffisamment d'énergie pour poursuivre son
expansion dans la stratosphère. L'expansion s'effectue donc sur les côtés,
ce qui forme le « chapeau » du champignon.
On peut observer un phénomène similaire en été, lors de la formation des
cumulo-nimbus. Ces gros nuages porteurs d'orages ont souvent une forme
d'enclume, parce que leur croissance est, elle aussi, freinée par la
tropopause.