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L'héritage
Fils aîné de George Herbert Walker Bush, 41ème président des
Etats-Unis, George W. Bush est soutenu par sa famille et les
amis que celle-ci compte aussi bien dans le milieux d'affaires que dans
les milieux politiques.
Pour comprendre l'actuel président des Etats-Unis, il faut s'arrêter un instant sur le portrait de ses parents,
tous deux protestants méthodistes, et surtout celui de son père. Fils
d'un homme d'affaires et sénateur du Connecticut, pilote de l'aéronavale
plusieurs fois décoré pendant la Seconde Guerre mondiale, George H. Bush
se lance dans la politique après avoir fait fortune au Texas.
Vice-président actif sur le plan de la politique étrangère pendant la
présidence de Ronald Reagan, il est candidat à la présidence en 1988. Un
article du Times de 1986 le décrit ainsi : «c'est le candidat idéal :
riche, affable, loyal, gros travailleur». Ancien membre du Congrès, il a
été directeur de la CIA, chef de mission à Pékin et représentant
américain à l'ONU. Il est élu avec le soutien de Jerry Falwell
initiateur de la "Majorité morale" , puissant mouvement conservateur
religieux qui déclare : «l'Amérique a un besoin urgent de la vision
morale que vous avez donnée à la vie politique».
Une génération plus tard, cette vision rebaptisée «compassionate
conservatism» apparaît comme un fil conducteur dans les discours de
George W. Bush, qu'il s'agisse de la politique étrangère (définition
d'un axe du mal qu'il faut combattre) ou de la politique intérieure et
notamment dans son «Initiative basée sur la foi» ( Faith-based
intitiative ), un des principaux axes de sa politique sociale
privilégiant le rôle des organisations caritatives religieuses
habilitées à recevoir des subventions.

"Born Again Christian"
En 1978, un an après son mariage avec Laura Welch, bibliothécaire,
George W. Bush se présente sans succès au Congrès avec l'investiture
républicaine et obtient un score de 47%. Il fonde une compagnie
pétrolière (Arbusto Energy) puis travaille pour le compte de
diverses sociétés pétrolières.
Au milieu des années 1980, George W. Bush a des problèmes
d'alcoolisme qu'il va résoudre en 1986 en puisant dans la foi
chrétienne fondamentaliste "Born Again Christian".
1986 marque un tournant important dans la vie du futur président auquel
tout semble désormais réussir. En 1988, il est un proche conseiller de
son père à l'occasion de la campagne présidentielle qui porte ce dernier
à la Maison Blanche, puis devient pour cinq ans directeur général de
l'équipe de base-ball des Rangers du Texas rachetée avec un groupe
d'hommes d'affaires proches. Doté d'un sens reconnu pour le contact
humain et passionné de sports, il peut grâce à ce poste se faire
connaître au Texas dont il devient gouverneur en 1994.

La confiance en sa mission
Le succès de sa politique conservatrice de baisse des impôts,
d'instauration du travail obligatoire pour les assistés sociaux, de
répression de la criminalité, lui permet d'être réélu en 1998 avec 68,6%
des voix.
Pendant la campagne présidentielle, en 2000, il propose un programme
conservateur incluant des baisses d'impôt, une diminution du poids de
l'Etat fédéral, la relance du complexe militaro-industriel et s'oppose
au contrôle des armes individuelles et à l'avortement. Son élection à la
présidence des Etats-Unis s'inscrit dans la lignée de l'accession à ce
poste de gouverneurs d'Etat comme Jimmy Carter en 1976, Ronald Reagan en
1980 et Bill Clinton en 1992.
L'élection est marquée par une bataille judiciaire de plusieurs
semaines avec Al Gore, le candidat démocrate, portant sur le
dépouillement des votes dans l'Etat de Floride, Etat dont le frère de
George W. Bush, Jeb Bush, est le gouverneur. George W. Bush
devient le 43ème président des Etats-Unis le 20 janvier 2001 .
Il constitue le second cas d'un fils de président accédant à la
magistrature suprême après l'élection en 1825 de John Quincy Adams, fils
du deuxième président John Adams.
Le choix de ses principaux collaborateurs en matière de sécurité (le
vice-président Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Paul Wolfowitz, Condoleezza
Rice), pour la plupart anciens collaborateurs de son père et considérés
comme des "faucons", démontre sa volonté de durcir la politique
américaine, en s'engageant par exemple dans la défense antimissile.
Suivront son refus pour des raisons économiques d'adhérer au protocole
de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le
retrait de plusieurs traités internationaux, comme le traité ABM ou le
refus de ratifier le statut de la Cour pénale internationale.

2001, le tournant
L'Amérique, frappée par les attentats du 11 septembre 2001, se
recentre sur elle-même et soutient son président avec une
quasi-unanimité qui dépasse largement les clivages partisans. La
décision de la guerre d'Afghanistan tendant à détruire le sanctuaire que
constitue ce pays pour le groupe terroriste Al Qaida et le régime des
Talibans rencontre également l'assentiment international. Il n'en va pas
de même pour la seconde guerre d'Irak contestée y compris sur le
territoire des Etats-Unis. L'absence de preuve de la présence d'armes de
destruction massive en Irak et des liens que ce pays entretiendrait avec
le mouvement terroriste Al Qaida remet en cause la légitimité de la
politique étrangère du président alors que, dans le même temps, sa
volonté affichée de créer un grand Moyen-Orient démocratique ne
s'accompagne d'aucun progrès sur la question du conflit
israélo-palestinien. |