L'engagement politique de la compagne du président n'a cessé de prendre de
l'ampleur au cours des dernières décennies, suivant la courbe croissante de la
place de la femme dans la société américaine. Avec la libération sexuelle des
années 60, son rôle a passablement évolué.
Depuis Jackie Kennedy, la politique a compris l'intérêt en terme d'image que
peut susciter la femme du candidat dans le choix des électeurs. Cette dernière
doit être présente au côté de son mari, aimante, à l'écoute des femmes et être
réceptive et réactive au changement des mentalités.
La véritable révolution arrive avec Hillary Clinton en 1993. Politicienne
engagée, Hillary est la première dame à jouer officiellement un rôle important
dans les choix politiques de son mari. Elle fait ses études de droit à Yale où
elle rencontre Bill Clinton. Elle travaille dans un premier temps pour Jimmy
Carter puis suit Bill dans l'Arkansas où il est élu Gouverneur.
En 1992, date de l'entrée à la maison blanche pour le couple Clinton,
Hillary
prend en main la réforme du système social et s'engage dans la cause des
enfants.
Aujourd'hui et malgré les difficultés qu'elle a rencontré pendant les deux
mandats de son mari, elle continue la politique et siège désormais au Sénat de
New York.
A 57 ans, il semble que son ambition politique ne s'arrête pas là et Hillary
Clinton pourrait bien devenir la première femme à se présenter à la présidence
des Etats-Unis...
Longtemps oubliées du monde politique, les femmes acquièrent le droit de vote
en 1918. Mais pendant de nombreuses années encore, le choix du bulletin est
dicté par l'homme de la maison. Les Américains participent au développement de
l'"American way of life" : monsieur au travail, madame à la cuisine et à
l'éducation, deux enfants, une maison individuelle, une voiture (Ford de
préférence) et accessoirement un chien.
Avec la libération sociale, culturelle et sexuelle des années 60, la femme entre
véritablement dans le champ des politiciens et devient une véritable manne
électorale avec plus de 108 millions de votantes potentiels. C'est pourquoi les
femmes de candidats s'impliquent aujourd'hui de plus en plus dans les campagnes
électorales.
Laura Bush, très populaire aux Etats-Unis, incarne l'épouse aimante, l'image
du foyer chaleureux, sait se taire mais n'en pense pas moins. Une main de fer
dans un gant de velours. Elle est l'idole des femmes mariées, blanches pour la
plupart, qui retrouvent en elle l'image de la grand-mère modèle.
Teresa Heinz Kerry est richissime, indépendante, née à l'étranger.
L'électorat populaire ne se reconnaît pas en elle. Seule la femme célibataire,
active, penche plutôt du côté démocrate où elle reconnaît l'image de l'"executive
women", fonceuse et dynamique.
Historiquement, la majorité des femmes est démocrate. L'éducation, la santé, les retraites, l'environnement, l'égalité des
salaires... tous ces thèmes ont toujours été plébiscités par l'électorat féminin
et chaque candidat se doit d'y apporter des réponses.
Quelles sont les divergences des candidats sur les thèmes de la campagne
de 2004 qui
intéressaient le plus les femmes ? [plaçons-nous dans la situation où l'élection
aurait lieu demain]
L'environnement.
Bush ne souhaite toujours pas ratifier le protocole de Kyoto et cela malgré les
protestations de l'ensemble des associations de protection de l'environnement,
américaines et mondiales. Pour rappel, ce protocole impose aux états de réguler
leurs émissions de gaz à effet de serre. La plupart des pays industrialisés ont
signés cet accord.
La société.
Georges Bush est pour la peine de mort, comme 60% des Américains, alors que John
Kerry est contre, sauf en ce qui concerne les terroristes. Les deux candidats
sont contre l'avortement, sauf en cas de viol, d'inceste ou encore de danger
pour la mère. Toutefois Kerry souhaite développer le planning familial et la
prévention. Enfin, concernant le mariage homosexuel, Georges Bush n veut pas en
entendre parler et souhaite faire passer une loi définissant clairement le
mariage comme étant l'union de deux êtres du sexe opposé alors que John Kerry
est opposé au mariage gay mais en faveur de l'union civile, le PACS en France.
L'éducation.
C'est un des thèmes majeurs de la campagne. Aux Etats-Unis, l'enseignement
public est en panne. Pas assez de crédits et surtout une trop grosse concurrence
avec le privé. De plus, les études supérieures peuvent compter plusieurs
centaines de milliers de dollars. Un luxe que tous ne peuvent pas s'offrir. John
Kerry propose que l'état finance 4 années d'étude secondaire en échange de 2 ans
de travail dans le secteur public. Selon Georges Bush, il faut augmenter le
budget consacré aux bourses scolaires, très nombreuses aux Etats-Unis.
La santé.
Aux Etats-Unis, il n'y a pas de sécurité sociale. La couverture santé est
payante et surtout très chère. Peu de personnes peuvent en bénéficier. Les candidats se retrouvent pour augmenter le budget de la santé en créant un fond
commun afin de rembourser jusqu'à 75% des dépenses.