Divorcé, père de deux filles, il
a épousé il y a une dizaine d'années Teresa Heinz, veuve du sénateur
héritier de l'entreprise Heinz.
Procureur puis avocat à Boston, il est élu sénateur en 1984.

Un vétéran
critique de la guerre du Vietnam
A vingt-cinq ans, mitrailleur sur un patrouilleur dans le delta du
Mékong, il sauve l'un de ses camarades et reçoit trois décorations pour
cet acte de bravoure.
A son retour, il participe à la création du "Mouvement des vétérans
contre la guerre" et, en 1971, s'élève violemment contre celle-ci dans
un témoignage devant la Commission des affaires étrangères du Sénat.
Devenu plus tard membre de cette Commission, il contribuera à la
normalisation en 1995 des relations avec le Vietnam.

Quel type de
démocrate ?
Depuis 1990, la revue du Congrès «Congressionnal Quarterly» lui
attribue un vote à plus de 90% suivant la ligne du parti. Mais lors d'un
entretien avec l'hebdomadaire de gauche «The Nation», il se caractérise
lui-même comme modéré plutôt que libéral.
Sont considérés comme libéraux au sens américain du terme (le
contraire du nôtre), ses positions en faveur de la hausse du salaire
minimum et de la couverture maladie pour tous les Américains, son
opposition à la peine de mort, son soutien au contrôle des armes à feu,
son soutien aux droits des homosexuels, son peu d'intérêt pour la
défense antimissile, son opposition aux réductions d'impôts «pour les
riches» du programme Bush, sa prise de position en faveur de la
signature du traité de Kyoto sur le réchauffement climatique, rejeté par
l'administration Bush en 2001.
Il se prononce fermement en faveur du libre-échange et vote en 2000
la clause de la nation la plus favorisée en faveur de la Chine.
Il vote en 1996 la réforme du Welfare limitant la durée des
prestations pour encourager le retour à l'emploi mise en ouvre par
l'administration Clinton. Bien que soutenant les programmes d'
Affirmative Action (discrimination positive), il souligne le risque
de distorsions pouvant en résulter. Favorable à l'amélioration de
l'enseignement public, il critique sa tendance à la bureaucratie.

Homme de
conviction ou de contradictions ?
Opposé à la guerre du Golfe en 1991, il a soutenu toutes les autres
interventions militaires américaines (Grenade, Panama, Kosovo,
Afghanistan). En 2003, il soutient la décision du président George W.
Bush de déclencher la guerre en Irak, tout en critiquant l'insuffisance
de ses efforts en vue d'une coalition et sa gestion des suites de la
guerre. Ce soutien lui vaut d'ailleurs de l'emporter lors des primaires
décisives du début 2004 contre son rival Howard Dean, ferme opposant à
la guerre.
Sa rectitude est souvent évoquée à propos de son rôle dans les
enquêtes sur l'Irancontra (affaire de la fourniture d'armes à la Contra
antisandiniste du Nicaragua, financée par des ventes d'armes illégales à
l'Iran, en 1986), dans la rédaction d'une loi sur le blanchiment de
l'argent de la drogue et le scandale de la BCCI (banque mise en cause à
ce sujet en 1988).
Ses prises de position balancées font-elles de John Kerry un homme de
contradictions, comme le laissent entendre ses adversaires républicains,
ou caractérisent-elles, comme le pensent ses amis, un homme de principe
attaché à l'examen approfondi des questions qui lui sont soumises ?
L'argument républicain du "manque de caractère" n'est pas nouveau, il
avait été largement utilisé contre Bill Clinton par le président Bush
père, lors de la campagne électorale de 1992. Il le fut également contre
Al Gore dans la campagne présidentielle 2000. |