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découvrir le programme des candidats par comparaisons
Pour la première fois depuis la guerre du Vietnam, les Américains
ont considéré les questions extérieures comme de premier plan dans cette
campagne : les programmes des candidats s’en sont ressentis puisque, fait
exceptionnel, les propositions économiques n'ont pas constitué l’essentiel de leurs discours.
Sécurité
Alors que les Etats-Unis sont en guerre en Irak et en lutte contre le
terrorisme dans l’ensemble du monde, les programmes des deux principaux
candidats étaient largement consacrés aux affaires étrangères et à la
sécurité nationale. Les discours des deux rivaux avaient des accents parfois
très similaires sur l’engagement en Irak. Toutefois, John Kerry (qui a
voté au Congrès pour la guerre mais contre les crédits supplémentaires
destinés à l’Irak) préconisait pour en sortir une véritable
internationalisation politique et militaire. Reprochant au président
sortant la perte du leadership et du prestige américain dans le monde,
il s’engagait à conduire, s’il était élu, «une nouvelle ère d’alliances».
Néanmoins, il n’évoquait pas un retrait rapide des troupes américaines.
Mettant en avant son engagement au Vietnam, il se présentait comme
particulièrement qualifié pour protéger le pays contre le terrorisme et
martelait que, sous son égide, l’Amérique serait «plus forte à l’intérieur»
et «plus respectée à l’extérieur». Bush lui opposait son engagement de la
première heure contre le terrorisme au lendemain des attentats du 11
Septembre et «l’Union sacrée» qu’il a su créer alors dans le pays. Il se
présentait alors comme un chef de guerre.
Economie
Les démocrates avaient beau jeu de souligner qu’entre 2001 et 2004 près de 3
millions d’emplois avaient été perdus, ce qui faisait de George W. Bush le
premier président depuis Herbert Hoover (1928-1932) à présenter un bilan
négatif dans ce domaine.
Reprenant l’agenda économique défini dans la loi pour l’emploi et la
croissance signée le 28 mai 2003, le président Bush promettait aux
Américains de créer plus d’emplois en pérennisant les baisses d’impôts,
de freiner les dépenses fédérales, de mettre en oeuvre les dégrèvements
sur le revenu des actions et les plus-values en capital prévus depuis
2001, de stimuler la formation permanente et de réduire les
réglementations en général.
John Kerry promettait pour sa part d’annuler les baisses d’impôts pour les
foyers gagnant plus de 200 000 dollars par an, de relever le salaire
minimum horaire de 5,15 à 7 dollars et de briser la dépendance
pétrolière du pays vis-à-vis du Moyen-Orient.
Mettant l’accent sur les classes moyennes, il proposait de créer dix
millions d’emplois en quatre ans. Pour cela il prévoyait de lutter contre
la délocalisation des emplois gouvernementaux et des emplois chez les
contractants de l’administration. Il proposait également de décourager ces
délocalisations par le biais d’un réaménagement des impôts sur les
sociétés. Celles-ci seraient incitées à rapatrier leurs bénéfices
réalisés à l’étranger par l’élimination des avantages dont elles
disposaient en les déclarant hors des Etats-Unis et par une
baisse de 35 à 33,25% du taux d’imposition. Par ailleurs les entreprises
pourraient bénéficier pendant un an d’un taux réduit à 10% pour tout
bénéfice réinvesti aux Etats-Unis.
Santé
Les problèmes liés à la santé et aux assurances médicales
figuraient parmi les principales préoccupations des Américains. Le
Président Bush mettait l’accent sur le libre choix par chaque citoyen d’un
plan santé tenant compte à la fois de ses besoins et du prix qu’il peut
se permettre de payer. Il prônait un accroissement du rôle des organismes
privés d’assurance maladie et de soins dont la concurrence devait aider à
limiter l’augmentation des dépenses de santé.
John Kerry rappelait quant à lui que 43 millions d'Américains ne bénéficiaient
d'aucune couverture sociale. Il souhaitait donner à tous les
Américains accès à un plan santé. S’élevant contre les grandes sociétés
d’assurance, il s’engageait à assurer chaque enfant et à préserver et
renforcer le système Medicare (couverture maladie minimale pour les
personnes âgées). Il proposait aussi de réduire les marges de profit des
entreprises pharmaceutiques et d'utiliser des réductions d'impôts pour
financer la production médicamenteuse. Contrairement au président
sortant, le candidat démocrate voulait encourager les patients à engager
des poursuites contre l'industrie pharmaceutique en cas de dommages
causés par des médicaments.
Education
Alors que les pouvoirs du président des Etats-Unis étaient très
limités en matière d'éducation (ce sont les Etats et les collectivités
locales qui gèrent l'essentiel des questions d'enseignement et la part
du budget fédéral n'est que de 7 %), le programme respectif des deux
principaux candidats faisait du sujet l’un des enjeux importants du débat.
George W. Bush était favorable à l'initiative "pas d'enfants laissés pour
compte" (No Child Left Behind) adoptée par le Congrès pour accorder un
enseignement plus long et plus complet à tous les enfants américains.
Mais le Congrès n'a pas débloqué tous les fonds demandés par le
président. John Kerry accusait pour sa part le président sortant de
n'avoir pas tenu sa promesse d’empêcher les enfants de quitter l’école
sans avoir achevé leur scolarité.
Avortement
Légalisée depuis 1973, l'interruption volontaire de grossesse
restait un sujet de dissension au sein de la société américaine. George
Bush qui était opposé à l’avortement souhaitait en limiter le recours aux
cas de viol, d'inceste et de danger pour la vie de la mère.
John Kerry, fervent catholique, était personnellement contre l’avortement.
Il s'était toutefois prononcé pour le droit des femmes à choisir («pro choice»).
A noter que plusieurs mesures prises par l'administration
Bush ont provoqué une grande inquiétude parmi les femmes qui craignaient
pour la liberté d’avortement. Le 1er avril 2004, George Bush a ainsi
promulgué une loi accordant au fœtus une personnalité juridique en cas
d'agression contre une femme enceinte et, fin 2003, une loi a été
promulguée pour interdire une méthode d’avortement tardif.
Mariage
gay
Les candidats étaient tous deux opposés au mariage homosexuel.
George W. Bush a lancé l'idée d'un amendement de la Constitution pour
interdire de telles unions (célébrés par certains maires et autorisées
par les tribunaux de plusieurs Etats) et renforcer l'idée du mariage
entre un homme et une femme.
John Kerry, qui était contre l’idée d’un tel amendement, était en revanche
favorable à des unions civiles entre personnes du même sexe.
Port
d'arme et la peine de mort
Tous deux chasseurs, les candidats étaient partisans du port
d’armes (inscrit dans la Constitution). Toutefois, John Kerry a voté au
Sénat en faveur de conditions plus strictes concernant les ventes
d’armes et il critiquait George W. Bush pour n’avoir pas renouvelé
l’interdiction de vente d’armes d’assaut promulguée en 1994 pour dix
ans.
Ancien gouverneur du Texas, l'Etat qui détient le record du nombre des
exécutions aux Etats-Unis, George Bush est un fervent partisan de la
peine capitale.
John Kerry s'y est toujours opposé, mais il était favorable à son
application aux terroristes, un changement de position intervenu après
les attentats du 11 septembre 2001. |